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Riadh Mnasri
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3 min de lecture

TJM vs net réel : ce que le calcul cache

« Mon TJM est de 500 euros, donc je gagne 10 000 euros par mois. » Ce raisonnement revient souvent, et il est faux d'une façon qui coûte cher : il ignore les charges, qui ne sont pas un pourcentage fixe, mais varient du simple au double selon le statut juridique choisi. J'ai déjà écrit sur la méthode pour fixer son TJM. Cet article répond à une question différente et plus étroite : une fois le TJM fixé, combien reste-t-il vraiment chaque mois ? C'est la question à laquelle répond TJM2Net, et le calcul cache plus de choses qu'il n'y paraît.

Le CDI n'est pas plus simple#

Avant de comparer freelance et salariat, le salariat lui-même cache une variable qu'on oublie souvent : le statut cadre ou non-cadre change le taux de cotisations salariales. Sur un salaire brut annuel de 40 000 €, la différence de statut change le net final, pas juste le libellé sur la fiche de paie.

Salaire brut annuel          40 000 €
− Cotisations salariales     − 9 200 €   (23 %, statut non-cadre)
= Net annuel avant impôt     30 800 €
÷ 12 mois
= Net mensuel avant impôt     2 567 €

Le taux de cotisation change selon le statut, mais la structure du calcul reste la même : brut annuel, moins les cotisations salariales, divisé par douze. C'est cette structure, pas le taux exact, qui doit rester visible à chaque étape plutôt que cachée dans une formule noire.

Le freelance : quatre statuts, quatre logiques de charges#

Le TJM freelance ne se convertit jamais en net de la même façon selon le statut juridique. Quatre structures coexistent, avec des logiques de charges fondamentalement différentes :

StatutLogique des charges
Micro-entrepriseCotisations forfaitaires sur le chiffre d'affaires, simples mais plafonnées en CA annuel
Portage salarialFrais de gestion de la société de portage, puis cotisations salariales classiques
SASUCotisations sociales du régime assimilé salarié, dividendes possibles avec fiscalité distincte
EURLCotisations TNS (travailleur non salarié), généralement plus basses mais protection sociale différente

Un TJM identique de 500 € génère un net mensuel différent selon lequel de ces quatre statuts l'encaisse, avec des écarts qui peuvent dépasser plusieurs centaines d'euros par mois. Comparer deux propositions de mission sur leur seul TJM affiché, sans connaître le statut sous-jacent, revient à comparer des chiffres qui ne mesurent pas la même chose.

Le calcul, jamais caché dans une boîte noire#

Le principe de conception qui compte le plus dans TJM2Net n'est pas la précision des taux, c'est que chaque étape du calcul reste affichée en permanence, jamais résumée à un seul chiffre final. Sur la base de 210 jours facturés par an, la conversion suit toujours la même forme : TJM HT × jours facturés, moins les charges propres au statut, divisé par douze. Cacher cette suite d'étapes derrière un résultat unique donne l'illusion d'une précision que le calcul n'a pas : les taux de cotisations réels dépendent de la convention collective, des tranches d'imposition personnelles, d'exonérations éventuelles (ACRE en micro-entreprise, par exemple), autant de paramètres qu'un simulateur généraliste approxime plutôt qu'il ne remplace un expert-comptable.

Ce que ça change concrètement#

La conséquence pratique n'est pas de retenir un taux de charges précis, c'est de refuser de comparer deux revenus sans avoir fait la conversion jusqu'au net. Un TJM de 550 € en micro-entreprise et un TJM de 500 € en portage salarial peuvent aboutir au même net mensuel, ou à un écart de plusieurs centaines d'euros, selon les plafonds et frais de gestion réels. Le chiffre affiché sur une offre de mission n'est jamais le chiffre qui compte : c'est celui qui reste après avoir traversé, étape par étape, la structure de charges du statut sous-jacent.